Bonjour chers tous !

Et… joyeuse rentrée à tous mes collègues, mes amis, et à tous les enseignants de par le monde.

Voilà un petit moment que je n’alimente plus ce blog, mais il est des jours d’automne (soyons honnête en Belgique on a eu un mois de printemps en août en dehors de ça c’était l’automne, y a plus de saisons ma bonne dame !) ou l’envie d’écrire se fait plus pressante.

Tout d’abord, il faut que je vous dise que j’ai hâte d’être plus régulière, mais qu’un site est actuellement en construction. (Merci d’ailleurs au créateur qui prête mainforte à l’auteur désargentée que je suis !) Si vous observez des changements étranges et non identifiés, des pages de présentation à l’apparence farfelue, c’est qu’on s’amuse un peu à faire des tests.

Ensuite, j’ai été appelée 5 fois par 5 chaines de télévision et radio avant-hier parce que je ne sais pas pourquoi il y a des actes violents contre des profs toute l’année, mais principalement EN SEPTEMBRE, les médias s’en font écho (le reste du temps ça se vend moins bien au JT). On me ressort donc de ma boite chaque année parce que quelqu’un n’a vraiment pas eu de bol. Je compatis, mais j’ai décidé de refuser cette année. Parce que je ne suis plus prof, que je ne suis pas la mieux placée pour en parler, et que désormais je suis avant tout quelqu’un qui tente de devenir auteur. J’ai fait d’autres choses, et je refuse d’être bornée à mon expérience de prof toute ma vie. Que ceux qui quittent le navire en prennent de la graine, on peut se recycler. Sisi.

Par ailleurs, je tenais à vous annoncer l’arrivée prochaine d’une trilogie (L’Entre-Temps) chez mon éditeur numérique préféré Numériklivres, et l’achèvement prochain d’un roman très très caustique que j’ai vraiment hâte de vous faire partager.

Pourquoi en numérique ? Le numérique, ce n’est pas le papier, le goût du livre etc. etc. etc.

Hé bien les réponses sont multiples. D’abord être édité en numérique n’exclut pas une publication papier plus tard, voire simultanée. Ensuite je me sers moi-même d’une tablette offerte par mon éditeur, et j’avoue n’y trouver quasiment que des avantages. Si on me réplique : « oui mais QUAND MÊME !! A LA PLAGE ! MADAME !!! » je répondrai, « non mais vous avez tout à fait raison, à la plage, j’achète un poche. C’est vrai que j’y passe le plus clair de mon temps sur cette plage, la majeure partie de l’année, comme tout le monde, donc en effet, les livres numériques c’est très handicapant ! »

Pour résumer, les avantages sont les suivants : Le prix, le nombre invraisemblable de bouquins tombés dans le domaine public qu’il n’est plus nécessaire d’acheter au prix d’un avion de chasse chez les éditeurs papier, l’absence de torticolis et de tendinite quand on est au lit (je repense avec frayeur aux Bienveillantes - 999p. - qui est le dernier volume papier que j’ai lu. Brrr), la maniabilité, la légèreté, le dictionnaire intégré, la possibilité d’avoir sa bibliothèque à portée de main, et de faire exactement tout ce qu’on fait avec un livre normal du point de vue annotations, prises de notes et tout le reste. Mais en propre. Je ne sais pas vous, mais moi, quand j’ai la tête à l’envers sur mon oreiller et que j’essaie de surligner des passages avec un bic qui coule, ce n’est pas forcément du plus bel effet.

Ça, c’est du point de vue du lecteur.

Du point de vue de l’auteur maintenant. Faisons un peu de calcul. J’écris un livre en bossant pour vivre. (Quasi un an pour la trilogie à venir et deux pour le roman qui suit juste après). Je l’envoie à un éditeur PAPIER. J’attends entre 3 et 6 mois pour avoir une réponse. Je dépense 20€ par exemplaire envoyé, ce qui limite les envois vu que je suis fauchée. Si j’ai la chance d’obtenir une réponse positive, j’attends qu’on m’envoie un contrat. Une fois signé, l’éditeur papier a un an et demi pour le mettre en vente ( !!! ) Une fois mis en vente l’éditeur papier a encore un an et demi pour me payer ( !!! ) Si toutefois il s’agit d’un éditeur honnête. Entre temps, je signale au monde que je serais morte de faim depuis longtemps. Au total il me faudrait attendre 3 ans et demi pour espérer (et encore si ça se vend !) toucher mes premiers roubles. Du point de vue de l’artiste, c’est comme l’industrie du disque : quasi impossible. Sans compter que de toute la chaine c’est l’écrivain qui est rémunéré le moins. Comptez entre 5 et 12% du prix de vente HTVA. (Pour un livre impayable qui se vend 20€ au public en temps de crise, ça donne 1,20€. Fête.)

Empruntons ensemble la voie du numérique, maintenant. J’envoie le manuscrit à mon éditeur numérique. Il met montre en main deux semaines pour me donner une réponse positive. Le temps de faire tout le travail autour du livre (contrat, correction, relecture, couverture, mise en ligne….etc.) comptons entre un et deux mois (pour du très très bon boulot). Ensuite je suis payée trois fois par an. Le livre est vendu au public entre 0,99€ et 2,99€ et je touche 0,89€. On n’arnaque ni l’auteur ni le public, ni l’éditeur. MIRACULEUSEMENT, vous pouvez vous payer le livre et je peux ME PAYER A MANGER ! (youpi.)

C’est donc dans cette optique que je m’engage résolument à écrire et à soutenir le numérique qui est bien plus juste à tous points de vue, jusqu’à ce que l’industrie du livre se remette un peu en question. Mais, il y a un mais. Sans ça, ce ne serait pas drôle.

L'idée c'est qu'on se tue avec un éditeur super à faire un travail démentiel pour faire surgir de nouveaux textes, promouvoir de nouveaux auteurs à des prix abordables pour le public. L'idée numéro deux, c'est que les éditeurs papier cherchent à garder le monopole (Ce ne serait pas drôle d'être fair-play) et s'échinent à ne faire campagne QUE pour des bouquins qui sortent en papier et dont on se contente de balancer ensuite le ficher sur certaines bibliothèques numériques qui JAMAIS n'acceptent de mettre AUSSI en avant le travail d'éditeurs numériques. Ou comment tuer dans l'œuf tout ce qui ne ressemble pas à un major du livre bien formaté et BIEN CHER.

Pour lutter contre ce phénomène, je vais me faire le plaisir de mettre en avant avec le lien ci-dessous le catalogue PAS CHER de mon éditeur numérique, et proposer à tous ceux qui ne souhaitent pas qu’on bâillonne des auteurs talentueux, les nouvelles formes d’écriture, les recherches de tous bords au profit d’ouvrages formatés de faire la même chose.  

http://pinterest.com/numeriklivres/nos-ebooks-a-0-99-1-99/

 

A bientôt sur mon site !!!

Charlotte Charpot