Riche comme Crésus! ... Comme qui?
http://www.marianne2.fr/Salaire-des-profs-les-vacances-ont-bon-dos_a194120.html
HaaaAAAAaaaa. Je me rappelais pas. Ha? En fait. Si. C'est aussi pour ça que j'ai eu a bonne idée de quitter le métier.
Courage à tous! Moins l'enseignant sera à même de penser à autre chose qu'à sa survie élémentaire, moins il l'ouvrira. Comme le reste de la grosse masse salariale du pays. Faire grève? A peut plus ma bonne dame! A doit nourrir ma famille payer mes crédits...et j'ai la corde au cou! Sur un blog ami récemment une enseignante faisait la quête, à vot' bon coeur m'sieur dame.
Les pauvres c'est bien connu, ça doit survivre avant d'avoir des idées, survivre avant de créer une solide force d'opposition. Encore une idée de génie du gouvernement pour avoir moins d'emmerdes...
Charlotte Charpot chez Marc-Olivier Fogiel
Charlotte Charpot était en direct de FACE A L'ACTU sur M6 avec Marc Olivier Fogiel ce dimanche 23 octobre .
http://www.m6.fr/emission-face_a_l_actu/
http://www.m6.fr/emission-face_a_l_actu/diaporama-phrases-marquantes-23-10-2011/photo-202290
COMMENT JOINDRE CHARLOTTE CHARPOT ?
VOUS ETES JOURNALISTE ET DESIREZ ENTRER EN CONTACT AVEC CHARLOTTE CHARPOT ?
- VIA SON ATTACHEE DE PRESSE CHEZ J'AI LU : Silvana Bergonzi sbergonzi@jailu.com
- VIA L'ONGLET "CONTACTEZ L'AUTEUR" SUR CETTE PAGE.
Mort de rire - jaune -
Au fait ne l'oubliez pas, nous avons de la chance l'EDUCATION NATIONALE RECRUTE plein de profs (précipitez-vous petits veinards!Il suffit de cliquer sur les magnifiques popups de pubs qui parsèment ce blog, ce qui est tout à fait à propos!) la Communauté Française du côté Belge joue au même jeu. Sauf qu'à force de dégrader les professions et de pressuriser les gens, dans une logique toujours sous jacente de privatisation, ceux qui restent sont décimés. Normal. Donc moins de profs, mais face cachée de l'Iceberg, moins de fonctionnaires administratifs. ^^ (Je n'en parle pas beaucoup des pauvres fonctionnaires administratifs, mais je n'en pense pas moins...)
Ceci nous conduit à une situation Ubuesque côté Belge! Hé oui, comme ils sont à l'abri, forts de grasses économies - on ne les paie pas depuis le mois d'août. Sisi, vous avez bien compris. Alors bon l'administration est ennuyée, il n'y a pas assez de monde, on imagine tout de suite l'ambiance de travail de ceux qui restent, on est vraiment désolés. Mais si d'aventure vous voulez appeler pour savoir ce qui se passe, préparez-vous à avoir une nouvelle réjouissante : "On est au courant, mais c'est tout à fait normal. Ne vous inquiétez pas. D'ailleurs, il se pourrait bien que le mois prochain, vous ne soyez pas payés non plus!Pas de panique!"...
Vous savez, il existe de super bonnes protections juridiques, dans ce pays. Non parce que là, on se demande à quel niveau de délire les choses ne seront pas "normales"! ^^....
Charlotte Charpot
Analyse d'une interview
Je ressors un peu crevée de l'interview sur Sud Radio.
Cet après midi, une marche blanche. 3000 personnes rassemblées pour rendre hommage à notre collègue décédée à Béziers.
Le journaliste débute d'une voix d'outre tombe sur une musique tragique. Le cadre est posé. L'interview se lance avec un enseignant collègue de Lise, et nous tâtonnons une bonne heure à la recherche de quelque chose. Quoi? Qui était cette enseignante? La question se pose depuis jeudi dernier, cela fera bientôt une semaine. La réponse à oscillé de "une femme rigide - vieille école" à "seule" "dépressive" à "brisée par des drames personnels" en passant par... - le plus souvent - lorsque la réponse n'est pas politisée : "Quelqu'un de parfaitement NORMAL."
"Oui, on a discuté avec elle, elle a dit ça, répondu ceci, elle avait des amis, elle sortait, il parrait qu'elle jouait de la musique aussi... je l'ai croisée hier à la cantine."
Le journaliste insiste "Oui mais à part ça, comment était-elle????" Hé bien nous n'en saurons jamais plus. Lise était une quadragénaire standard, similaire à vous et moi. La réponse semble inacceptable. Comment ça? Rien? du tout? Aller quoi une particularité! Non. Nada. On s'interroge ensuite sur le cadre de travail : "Mais heu.. l'établissement était plutôt standard, non? Extérieurement rien n'indiquait qu'on y trouve une violence particulière?" Non, rien.
Et c'est sans doute malgré tous les efforts des médias cette terrible normalité qui dérange. Se pourrait-il qu'une personne équilibrée n'ayant pas connu plus de drames sur une durée de vie de 44 ans que n'importe qui, ne travaillant pas dans des conditions plus pénibles que la moyenne en vienne à poser un acte aussi extrême?
La réponse est oui. Quelle image de notre société donne cet événement? A moi c'est simple, si je suis honnête. Je me regarde dans un miroir et me dit, ok. Ca aurait pu être moi, toi. Chercher à fuir en mettant des termes pathologiques, la disséquer, trouver du réconfort dans des mots bien analytiques, décomposer son corps et sa psyché comme fait si bien la médecine moderne qui a réponse à tout et classifie l'humain dans des petits tiroirs pour rassurer en évitant d'approcher le problème global, c'est impossible. Il s'agissait de Lise, enseignante normale.
C'est pourtant bien la tentative suivante du journaliste, l'appel à la médecine qui permet de rationnaliser tout ça. Mais non, le couvercle s'effondre. Le discours s'enlise pour retourner vers le global, on n'en tirera rien.
Je souligne ensuite la récupération du message par le recteur d'académie. C'est la politique qui parle en seconde heure. Le collègue de Lise avait affirme que:
1. Elle n'avait pas de suivi médical - à moins que de désirer consulter le médecin conseil puisse être qualifié de suivi médical -
2. Elle avait souhaité diminuer son service de moitié ce qui lui avait été refusé, cela l'avait beaucoup affectée.
3. Elle a affirmé avant de s'immoler "je fais ça pour vous" en regardant les élèves .Sur son propre lieu de travail.
L'inspecteur parle :
1. Elle avait un suivi médical, elle avait consulté le médecin conseil.
2. On la suivait tout court : comprenez de nombreuses inspections s'étaient succédées. - Comme c'est super bien! Tu vas mal? attends, je te fais surveiller par monsieur l'inspecteur qui jugera de l'évolution de ta carrière et de la qualité d'un travail que tu juges insupportable - Bien suivie donc. Depuis plusieurs années.Nous sommes irréprochables.
3. Elle était FRA-GILE. Je répète : FRA-GILE. En effet. Il y avait eu des ALERTES. Elle avait consulté le chef d'établissement. Houlala. Car attention dès aujourd'hui, vous tous, si vous frappez à la porte de votre supérieur, c'est un signe d'alerte. Déjà qu'avant on y allait le coeur léger!Et puis elle avait vécu des événements familiaux difficiles. Certes. Un décès il y a dix ans. Et donc son geste est inexpliqué.
Et monsieur l'inspecteur d'académie termine glorieusement : " Qu'est-ce qui aurait pu être fait ou dit pour éviter ce drame? Nous ne le saurons jamais"
Bien. Il est certain que dix minutes avant, j'ai un doute. Mais si durant les dix années qui ont précédé, à chaque moment, l'éducation nationale avait offert un cadre de travail serein, sécurisant, respectueux, responsable, bienveillant et à l'écoute.... monsieur l'inspecteur...j'ai comme dans l'idée que ça y aurait changé quelque chose. Ce type de phrase risque de nous faire avancer dans le bon sens. C'est une certitude mathématique.
Vinrent ensuite les débats plus ou moins cadrés avec les interventions toujours judicieuses de Mlle Claire Mazeron, auteur du livre "Autopsie du Mammouth, l'Education nationale respire-t-elle encore?", les miennes, plus effacées, pas évident, et celles de tous les acteurs du système éducatif, càd tout le monde, parents et élèves. Une interview chamarée qui n'évite pas la règle du genre : le message risque de dériver de manière sévère si on ne rend pas l'auditeur attentif et qu'à son terme on ne pratique pas une relecture sérrée.
"Hacene Enquête et Investigations " sur Sud Radio
Charlotte Charpot était interviewée par Karim Hacene avec d'autres collègues et témoins cet après-midi, 18/10, sur Sud radio .
Voici l'émission "Enseignante immolée à Béziers. Malaise des profs" en podcasts en 2 parties. Charlotte intervient dans la seconde.
Le choix des armes
Interviews interviews! Le plus souvent... on n'a pas le choix des armes. On a envie de dire plein plein de trucs, et puis on tombe dans différents écueils.
Si ce n'est pas du direct et une émission de commande bien ciblée, le thème est imposé, on marche dans les clous. Tout ce qui dépasse est coupé au montage. "ce n'est pas l'esprit, ou le thème, ou l'idée". Le résultat est magnifique, jamais transgressif, on est en pleine forme et on a l'air dépressif - ou l'inverse - , on gigotte les doigts façon "ciel mais diable, que je suis anxieuse!" on a les genoux prostrés (c'est difficile à faire, essayez vous verrez!), les bras cagneux, le regard terne, le poil gris, et plein de morceaux d'anatomie filmés en king size pour accetuer l'aspect dramatique.C'est l'effet film d'horreur - Romero - sans zombis. Evidemment, sans zombis, la plupart du temps on a oublié ce type de reportage aussi vite ingurgité.
Si c'est du direct à la télé, on a environ 2 secondes de parole tous les ( insérer durée aléatoire) et si on met des mots en trop pouf on est a côté. Le but est de lâcher deux trois bombes histoire qu'on se rappelle de quelque chose une fois qu'on a zappé sur la chaîne concurrente. En plus de ça le mot d'esprit façon buzz prend bien souvent le pas, là l'objectif est d'agir façon lapin crétin. Avec l'oeil bien allumé de préférence. Si on peut se payer une sortie de scène drapé dans une cape d'indignation, ça crée toujours son petit effet. Malheureusement je ne maîtrise pas encore l'excercice assez bien. Si j'étais plus douée, hah! mais non. Je n'ai jamais su verser de larmes sur commande encore moins en direct.
Et puis il y a la radio. Radio différé, pareil, au montage on fait ressortir ce qu'on veut on coupe on remonte, on démonte. A l'arrivée le résultat peut-être surprenant.
Enfin, il y a les émissions radio de débat pur, où le temps est moins limité, où c'est du direct, et ce type d'émission là est rarement proposé pour finir. Hé ben là. Justement j'en ai une. On verra pas ma tête, j'aurai le loisir d'avoir l'air abrutie en disant des trucs peut-être interessants, mais surtout! surtout! On ne pourra rien couper au montage. Danger, ne pas se louper en sortant une idiotie plus grosse que soi... l'avenir nous le dira...la radio écrit en grand "ouvrez là!"
Charlotte Charpot sur France 2.
Charlotte Charpot en interview au JT de 20h de France 2 ce 17 octobre 2011.
CLIQUEZ ICI : (reportage à 13 minutes) : http://jt.france2.fr/20h/
Homophobie
Hier, une enseignante s'immole par le feu à Beziers . Aujourd'hui, cette collègue décède de ses blessures.
Aujourd'hui aussi à Bruxelles, on fait règner la terreur contre une sous directrice parce qu'elle est homosexuelle et partout dans les médias belges on entend la voix de ceux qui l'ont mise à la porte et PAS LA SIENNE.
Je n'ai pas le moral.
En France dans les journaux on lira encore l'inlassable hypocrisie des dirigeants :
"Là, il faut vraiment qu'on ai des éléments qui nous permettent de comprendre quelles sont les raisons de cet acte. Là nous n'avons aucun élément d'explication confie Philippe Vilanier le recteur d'académie qui souhaite rester prudent sur les motivations qui ont poussé cette professeur à s'immoler."
De l'autre côté, c'est que la sous directrice, saine d'esprit, professionnelle, et investie dans son métier est PARTIE. En revanche, les fauteurs de trouble qui ont tout cassé ont eu gain de cause. Au lieu d'avoir du soutien, certains collègues ont été "choqués qu'elle soit lesbienne et qu'elle ai pu faire une chose pareille" (elle n'avait rien fait) en l'exprimant violemment.
Comment le dire? Pour moi la logique est la suivante : nous avons 150 imbéciles qui cassent tout et une femme intègre? On vire les 150 imbéciles, les enseignants font corps et jouent sur leur droit de retrait, on protège l'enseignante. Par la suite, on fait ce qu'on voudra : réunion exceptionnelle des parents, des enfants, cellule psychologique, échanges, débats, je m'en fous. Mais on ne fait PAS "sortir la sous directrice par la petite porte arrière au bout de 33 ans de carrière". NON. non non non.
"Je n'ai jamais vu ça.C'est scandaleux".... allais-je dire.
Mais je me reprends. Je vois ça TOUT LE TEMPS. On me demande pourquoi les enseignants craquent? Parce que c'est tout le temps comme ça quand tout aurait dû être fait pour ne pas qu'on entende publiquement plus fort les imbéciles qui ont provoqué son départ qu'elle même.
Comment exposer de manière plus flagrante l'extraordinaire réussite d'un gouvernement qui a organisé cela? Une hiérarchie qui lache le personnel en détresse, un manque total d'esprit de corps, la désorganisation du métier, l'émiettement de l'esprit,la montée des extrêmismes obscurantistes. A l'école, on n'enseigne plus la justice, l'équité, la philosophie, non, on écrit des SMS et on n'ose plus interdire le GSM : "Demain tous ls eleves nallez pas en cour fau faire ruina, greve contre gwine (la grosse sou directrice) CEST PA UNE BLAGUE DEMAIN RESTEZ TOUS DAN LA COUR ET FAITE RUINA CNTRE CETTE NYMPHE QUI EST LESBIENNE FAITE TOURNÉ SVP !!!!"
J'aimerais bien pouvoir dire...."Je n'ai jamais vu ça. C'est scandaleux", mais je suis obligée d'écrire : "On voit ça tous les jours, et tout le monde trouve ça normal."
Charlotte Charpot sur Europe 1 ,dans Paris Match et France Soir
Cliquez ici :
EUROPE1
- Sur le site : http://www.europe1.fr/Faits-divers/Beziers-elle-n-en-pouvait-plus-767189/
- Dans le Journal de 8h de Bruce Toussaint le 14/10/2011 (interview complète à 48 minutes ) http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/Europe-1-matin-Bruce-Toussaint/Sons/Europe-1-matin-Bruce-Toussaint-14-10-11-767499/
PARIS MATCH
FRANCE SOIR










