Edition de la Première nouvelle de Charlotte Charpot!
Charlotte Charpot est lauréate du Premier Prix du Livre Numérique pour sa nouvelle "L'inéluctable étreinte des limbes hypnotiques".
Sortie en numérique et version papier en juin 2011.
Un petit lien fort réjouissant!
http://www.youtube.com/watch?v=wc7_Ui7s4CY&feature=player_embedded
Si vous aussi vous voulez jouer!
Vous pouvez comme moi répondre à l'enquête du Monde en 1500 caractères :
Vous travaillez dans l'éducation nationale ou êtes parent d'élève. Avez-vous observé une dégradation de la sécurité dans les établissements scolaires ? Si tel est le cas, à quoi l'attribuez-vous ? Ou, au contraire, estimez-vous que les actes de violence ne sont pas nouveau en milieu scolaire ? Racontez-nous votre expérience. Une sélection de vos témoignages sera publiée sur Le Monde.fr.
J’ai cinq ans et deux couettes, une gentille maîtresse que je regarde avec des yeux contemplatifs pleins d’étoiles. Elle en sait des choses. Maman me dit qu’elle est un peu bizarre la maîtresse. Un jour elle est malade. Un jour elle pleure. Un jour elle disparait. Le médecin du village raconte qu’elle a fait une dépression. Je ne sais pas ce que c’est mais elle ne revient plus jamais.
J’ai onze ans. Un jour que le professeur demande à quelques élèves de l’aider à porter des livres, personne ne se décide. C’est une classe réfractaire. Il craque, dans une colère fulgurante, propulse une pile de manuels scolaires en direction de la classe. Quelques jours plus tard, il retrouvera ses pneus crevés.
J’ai quatorze ans. Elle parle dans le vide au milieu du bruit et de l’indifférence ostensible. Si on ne joue pas le jeu on se fait taper dessus. Un jour, elle craque : crise de larmes, elle sort de la salle au milieu de l’heure. Nous ne la reverrons plus qu’en pointillés. La veille, une autre s’était enfermée dans son armoire, le lendemain le piano sera renversé en plein cours.
Seize ans. Les copains fument des joins dans la cour d’école, le jour du bac, entre deux épreuves, on se remonte le moral à la bière. Cette année, ils ont repéré l’adresse de la prof d’anglais. Ils s’en vantent. Ils ont tué son chat, l’ont laissé devant sa porte.
22 ans. Prof. Prof de merde.
28 ans, démission.
La violence n’est pas nouvelle, mais plus elle fait de bruit moins le monde se donne le temps d’écouter. Et comme un emplâtre, au lieu de prévenir, on distribue des portiques de sécurité et on élimine les hommes. Oublions nous les uns les autres semblent crier les calculs ministériels.
Charlotte Charpot
La France sur les traces de la Belgique... Magnifique!
Comment je suis devenu prof en un jour
Par Noria Ait-Kheddache / L'Express le 16 février 2010
Les profs de l'académie de Créteil manifestent ce mardi contre la suppression de postes. Titulaire d'une maîtrise d'anglais, Manuel a, lui, été propulsé prof d'anglais dans un lycée du Val-de-Marne après avoir postulé sur le site de l'académie de Créteil.
"J'ai vu qu'il y avait des postes d'enseignants-remplaçants d'anglais Sur le site de l'académie de Créteil. En temps normal, je suis ouvrier-cordiste, mais dans une période où il n'y avait pas beaucoup de boulot, ma copine m'a inscrit.
Puis, il y a eu de nouveau du travail dans le bâtiment, je suis donc retourné à mon métier d'origine et je n'y pensais plus. Mais, quinze jours après, je reçois un coup de téléphone m'informant que je suis convoqué pour un entretien à l'académie. Je m'y rends sans trop y croire au départ.
Arrivé là, 5 ou 6 candidats patientent avec moi pour leur entretien. Lorsque mon tour vient, une inspectrice me reçoit et me donne un extrait du journal le Washington Post à lire. Puis à préparer un commentaire oral sur ce que j'ai compris. Quand je commence à parler anglais (il faut dire que je suis bilingue), elle ne s'attarde pas à m'interroger sur le texte. Nous engageons une conversation cordiale. Le courant passe bien. Et voilà, mes quinze minutes d'entretien sont écoulées.
Et si j'étais un psychopathe?
Une fois que tous les candidats sont reçus, l'inspectrice nous fait un condensé des cours de l'IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres) en 45 minutes. "Toujours respecter les délais que vous donnez à vos élèves" ou encore "Une copie doit être rendue le jour où vous aviez promis de le faire". Autre conseil: "Ne jamais faire de jeunisme, ne pas s'adapter à leur niveau de langage, ne pas adopter leur vocabulaire." Elle nous donne quelques exemples de mesures de discipline, en insistant sur le fait que si certaines paraissent désuètes, elles fonctionnent néanmoins. "Faire attendre les élèves avant de leur dire de s'asseoir par exemple".
A la fin de la journée, je rentre chez moi. Peu après, j'ai une réponse: je suis retenu. On me donne les clés du lycée, ma carte de cantine, et... Je signe mon contrat pour un poste à plein-temps dans un lycée du Val-de-Marne. Je suis moi-même étonné par ces responsabilités que l'on me donne. Et si j'étais un psychopathe? Comment ont-ils fait pour me faire confiance aussi vite?
Trois jours passent et j'atterris un lundi matin à 9 heures tapantes dans une classe, devant des élèves de terminale. Je ne suis pas impressionné. Plutôt à l'aise, je n'ai pas peur de prendre la parole en public... Il faut dire que j'ai déjà enseigné dans ma vie: deux ans dans une école primaire. L'enseignement m'a toujours branché, et j'ai fait mes études en ce sens. C'est juste que, plus jeune, le statut de fonctionnaire ne cadrait pas avec mes envies de faire le tour du monde. Aujourd'hui, à 40 ans, je pense autrement.
Avec mes dreadlocks, je n'ai pas cherché à faire illusion
La première semaine, tout se passe très bien. Mes élèves et moi apprenons à nous connaître, j'évalue leur niveau. C'est lors de la deuxième que ça se corse. Il faut préparer des cours, m'organiser un planning, suivre un programme. C'est le plus difficile, étant donné que je n'avais pas été formé. Mais je parviens à sauver les meubles! Je travaille beaucoup à la maison pour préparer mes cours, je m'aide des manuels, DVD, cassettes que je récupère chez les autres profs du lycée.
Actuellement, j'en suis à ma troisième semaine de cours. Face à mes élèves, je n'ai pas cherché longtemps à faire illusion. En même temps, avec mon look, cela n'aurait pas été possible! Je porte des dreadlocks, et j'ai un style particulier, qui contraste fort de celui de mes collègues. J'ai donc pris les devants et je leur ai dit la vérité. Pour l'instant, les retours sont plutôt bons. Ils disent à leurs autres profs qu'ils ont "un prof d'anglais super". Je fais de vrais cours, peut-être que certains élèves en ont douté au départ. Pour le moment, seule une classe -voie de garage- pose problème. Mais je ne suis pas le seul à l'avoir constaté, d'autres enseignants s'en plaignent aussi...
Certains de mes collègues enseignants sont surpris en me voyant. D'autres, quand ils apprennent mon parcours, hallucinent, même s'ils sont plutôt satisfaits de moi dans l'ensemble. Ce n'est que le début, pourvu que ça dure!"
A lire aussi, les commentaires édifiants sous cet article.
Le Monde a (re)trouvé ma soeur ...
Une copine, une prof, une frangine, quelqu'un qui ne peut qu'aller mal. Quelqu'un qui s'il craque sera remplacé par un autre qui craquera aussi...c'est ce qu'on m'a dit : "ha oui évidemment ça ne va pas, dans ces conditions, personne n'irait bien. En conséquence ça ne sert à rien de vous sortir de là pour y mettre quelqu'un d'autre." CQFD logique Shadock.
Charlotte Charpot.
Pas simple de gérer sa classe lorsqu'on est une "prof de passage". Véronique Pot a 29 ans. Elle enseigne le français. C'est sa cinquième année de remplacement. Témoignage de sa dernière mission.
Après la Toussaint, me voilà dans le Val-d'Oise. Lundi, mes élèves de 4e rentrent au compte-gouttes. Certains arrivent par grappes, en se catapultant contre la porte d'entrée de la salle de classe, qui s'ouvre sous le choc. Ils jettent leur sac, changent deux ou trois fois de place. Continuent à parler comme si je n'existais pas. Ne daignent pas sortir feuille, ou stylo. Un élève cherche à rouler une pelle ("embrasser" serait un terme inapproprié) à sa copine du moment, fait semblant d'être étonné que je lui demande des comptes. Un autre petit couple se tripote assidûment sous la table.
Une gueulante. Les élèves s'assoient, mais n'arrêtent pas de s'interpeller. Une élève remarque mon désarroi et sourit à pleines dents "Elle va chialer !" Comme je rétorque vertement, ce n'est pas (encore) la curée.
En sortant, je dois avoir l'air hagard car un élève de la classe me dit : "Vous inquiétez pas, madame, ils sont comme ça avec tout le monde." Un autre a vu que je boitais, et me demande avec bienveillance ce que j'ai. C'est ça qui manque de me faire pleurer! Mardi, le deuxième cours avec eux est à l'avenant. Comme je me plains en salle des profs, on me dit qu'il y a pire ailleurs... Ici, les profs tiennent le coup "en attendant d'avoir des points".
Jeudi et vendredi, je prends un carnet. "Madame, vous êtes sûre vous voulez me mettre un mot ?" Menace à peine voilée, qui sera réitérée le lendemain. Une exclusion de cours est impossible, l'équipe de "vie scolaire" (surveillants et conseiller d'éducation) est débordée, et on me l'a expressément interdit.
Week-end infernal. Leurs tentatives d'intimidation commencent à fonctionner. Je pense à eux, tout le temps. J'essaie d'imaginer des stratagèmes, je refais des cours, en plus simple, toujours plus simple, des leçons"à trous" pour éviter d'avoir à écrire trop au tableau, car leur tourner le dos est souvent source d'agitation, de jet d'objets.
Le lundi suivant, comme j'attends le silence depuis vingt minutes, mon cours leur manque en bruit de fond. Ils sont gênés. "Madame ça s'fait pas, continuez à parler, vous écoutez pas nos conversations !" Alors que je m'avance dans l'allée pour chercher à capter leur attention, R. s'aperçoit que je boite légèrement. "Ouah elle boite, elle s'est fait enculer ou quoi ?"
J'hésite
entre découragement et rage. Je lui demande de répéter. S., peut-être
pour détourner l'attention, m'accuse d'avoir peur de R., de faire
semblant de ne pas entendre ses réflexions. Je file directement dans le
bureau de la principale adjointe. Je fais un rapport. Je ne sais pas
jusqu'où ils sont capables d'aller. La principale m'assure que la
violence physique contre un prof advient seulement quand le prof est
méprisant. J'espère que les élèves sont au courant de cette règle... La
principale finit sur cette petite touche d'humour édifiante : "Vous savez, un de nos collègues s'est fait tabasser, il a eu une très bonne mutation."
Une semaine jour pour jour après ma rentrée dans cet établissement, j'en appelle au gouvernement. Il faut agir. Il faut des profs, oui, des profs, mais pas n'importe lesquels, et pas dans n'importe quelles conditions.
le meilleur de l'actu des cités
http://tv.lepost.fr/2009/09/16/1699725_agression-d-enseignant-les-parents-en-colere-nimes.html
telebruxelles
http://www.telebruxelles.net/portail/content/view/7916/283/
Ma-gni-fique!
Incroyable illustration aujourd'hui de ce que signifie le mot "revalorisation" de l'enseignement.
En France, on avait brillament mis au point le "travailler plus pour gagner plus" qui déjà, étant donné l'état d'épuisement de la plupart des cadres généraux, managers, et autres métiers du privé, le caractère exangue des fonctionnaires du public, professions médicales et sociales avait suscité quelque émoi dans la population locale.
Hé bien voici qu'aujourd'hui en Belgique, on invente la revalorisation par l'équation : "travailler plus plus longtemps pour gagner pareil".
Evidemment, la belgique entière fait la Hola de bonheur face à cette tentative tout à fait politiquement incorrecte de faire???... des économies!
Outre le caractère surréaliste de la chose, elle relève encore du quasi surnaturel! Hé oui, qu'on se rende compte qu'un enseignant Belge aussi protégé soit-il preste entre 22 et 24H sur le terrain, ajoutez la préparation la correction, les réunions exceptionelles qui n'en finissent pas, et la surcharge de bénévolat qui s'accroît d'année en années pour se "faire bien voir" par la direction, et plus trivialement garder son boulot....c'est simple, un prof Français qui fait entre 18H et 20H sur le terrain bosse en réalité 45H. Faites le calcul . 55h. Humblement. Et donc, si déjà les profs du pays relèvent la gageure de parler parfois face aux classes plus de 6 ou 7H consécutives, cas fréquent, au moins une fois par semaine, ce qui est déjà quasi impossible, jusqu'où devront-ils aller demain???
Qu'on ne nous leurre pas avec des arguments du type "oui, mais ce ne sera pas des heures face aux élèves"... on sait très bien que si. Parce que c'est là que l'argent se gagne.
Par ailleurs, avant hier, la même ministre s'engageait à revaloriser le métier. Incroyable. Ne cherchez pas la contradiction,peut-être n'y en a-t-il pas??? Après tout, imposer 5 années universitaires pour cadrer avec les exigences européenes en matière d'éducation et combler le retard, ne signifie pas "traiter mieux ses profs" mais "s'aligner sur l'europe." Cela ne veut pas dire non plus respecter les profs en place qui eux n'ont pas bénéficié de la revalorisation du cursus. Pour quoi faire? Après tout qu'ils fassent tampon les pauvres, il faut bien que quelqu'un paie!
On sait que dans les caisses il n'y aplus un sou. Mais par pitié, une telle décision aurait l'effet inverse de celle souhaitée : pas d'économie. Le coup de couteau définitif au corps professoral livide. Irrécupérable.
Réfléchissons! Je n'ai pas le détail des postes budgétaires alloués à l'éducation. A quand une mise à plat publique de ces chapitres là?
Une autre idée : Madame la ministre vient de mettre le feu aux poudres. Son travail n'est pas facile. Elle reprend la gestion d'un secteur sinistré depuis des années. Mais en l'espace de dix minutes, elle vient de créer une opposition plus forte que jamais qui (pour une fois!) ralliera tout le monde à la cause des syndicats. En prime elle alimente le vieux mythe du prof en vacances qui ne bosse que si peu d'heures par semaine...
Et pourquoi au contraire n'envisagerions nous pas plutôt de l'aider? De lui souffler les bonnes idées et de la soutenir dans ses démarches si cela semble impossible au départ? Le corps enseignant soutenant un ministre de l'enseignement dans un échange constructif... n'irions nous pas plus loin ensemble que si nous entrons en guerre?
L'hémorragie continue...en Italie cette fois: 25 000 profs sans poste!
La rentrée scolaire s'annonce explosive en Italie, alors que plus de 25 000 maîtres d'école et professeurs n'ont toujours pas d'affectation moins de deux semaines avant le retour en classe et que des manifestations de protestation, parfois insolites, se succèdent dans le pays.
A Rome, cinq enseignants contractuels ont improvisé mardi un strip-tease devant un lycée de la capitale pour manifester en sous-vêtements contre leur statut de travailleur précaire.
Quelque 42 000 postes d'enseignants (sur 800 000) et 15 000 emplois techniques et administratifs seront supprimés à la rentrée, qui s'étalera entre le 14 et 21 septembre.
Resteront sans affectation près de 8000 professeurs et maîtres d'écoles titulaires ainsi que 18 000 enseignants contractuels, selon les premières estimations qui prennent en compte les départs en retraite.
Si l'harmonisation des postes, après la rentrée, pourrait permettre aux professeurs titulaires de recevoir une affectation de dernière minute, seuls des remplacements pourront être proposés aux contractuels, dont la majorité se retrouvera de fait au chômage.
"Pour la ministre de l'instruction, l'école n'est pas un bien public fondamental mais un ensemble de dépenses à réduire pour boucler le budget", a déclaré Mimmo Pantaleo, secrétaire national du syndicat national FLC-CGIL.
"Les enseignements seront donc moins riches et diversifiés, le nombre d'élèves par classe sera toujours plus élevé et les financements pour équiper les écoles réduits", a-t-il poursuivi.
Réduction des dépenses de l'instruction publique
Ces réductions de postes correspondent à la mise en oeuvre d'un décret - promulgué en mars malgré une forte opposition d'étudiants, de parents d'élèves et de la gauche - qui prévoit une réduction des dépenses de l'instruction publique italienne de l'ordre de huit milliards d'euros sur trois ans.
A Palerme, huit enseignants et personnels contractuels mènent depuis plusieurs jours une grève de la faim devant les bureaux des services scolaires de la ville, un des enseignants ayant dû être conduit mercredi aux urgences après un malaise.
Près de Naples, six enseignantes contractuelles occupent le toit des services scolaires de la province de Benevento depuis samedi, pour protester contre les 500 postes supprimés dans la province.
"L'Etat met en oeuvre le plus grand licenciement de masse de l'histoire italienne dans le secteur où il faudrait investir le plus, c'est-à-dire dans l'éducation de nos enfants", a commenté mercredi Dario Franceschini, secrétaire du PD, principal parti de l'opposition.
La ministre de l'instruction italienne, Mariastella Gelmini, a répondu qu'une "réponse serait donnée au plus vite aux enseignants précaires touchés par la réforme" et a promis de recevoir jeudi les syndicats.
Les enseignants contractuels, qui attendent un poste fixe parfois depuis plus de dix ans, étaient environ 131 000 à la rentrée 2008.
Un numerus clausus pour les profs?
Autre sujet de grogne pour les syndicats, la ministre a présenté la semaine dernière une réforme de la formation des futurs enseignants, dont le nombre sera calculé chaque année sur la base des postes disponibles.
Les critères de recrutement seront également modifiés, passant de quatre à cinq ans d'études universitaires pour enseigner au primaire et à six années d'études, dont un stage pratique d'un an, pour le secondaire, dessaisissant les instituts de formation spécialisés pour le secondaire du monopole de la formation des professeurs.
Le nombre d'élèves à la rentrée 2009 devrait être quasiment équivalent à celui de la rentrée 2008, avec près de 6 778 000 élèves inscrits en maternelle, au primaire et au secondaire, selon les chiffres du ministère.
(Belga)
Charlotte Charpot dans Culture Club
Rendez-vous sur La Première/ RTBF , lundi 31 août de 12 à 13h!
http://old.rtbf.be/rtbf_2000/bin/view_something.cgi?id=0160416_sac



