Mon prochain gros truc est l’adaptation française de the next big thing, une chaîne où les auteurs exposent leur prochain projet avant de désigner d’autres auteurs qui font de même ensuite sur leurs blogs respectifs. Fabien Lyraud a décidé de traduire les questions et de l’importer en France (et c’est la présentation qu’il en fait que je recopie dans ce paragraphe). D’autant plus que contrairement au marché anglo saxon qui est saturé et où les éditeurs ont le soutien des agents pour trouver les bons auteurs, en France un auteur qui présente son projet actuel peut titiller les éditeurs. Que vous soyez nouvelliste, romanciers ou anthologiste c’est un assez bon moyen de promo.

C’est Nicolas B. Wulf qui m’a tagguée. Il parle de son prochain gros truc ici : (http://nbwulf.wordpress.com/2013/01/27/mon-prochain-gros-truc-projet-ldvelh-jour-2/), et je vais me plier à l’exercice avec un grand plaisir !

Pour poursuivre la chaîne, je désigne, s’ils le veulent bien :

Eric Lequien Esposti

http://eric-lequien-esposti.com/

Antoine Sénanque

http://antoine-senanque.com

Océanerosemarie

http://www.lalesbienneinvisible.com

Marcel Sel

blog.marcelsel.com

Delphine de Malherbe

http://www.delphinedemalherbe.net

Isabelle Aeschlimann

http://www.isabelleaeschlimann.ch/livre.html

Frédérique Deghelt

http://www.frederiquedeghelt.com

 

  1. 1.       Quel est le titre de votre prochain texte ?

Le titre a priori sera « Incarnation », mais je suis généralement nulle en titre. Les éditeurs sont bien plus forts pour ça, donc s’il faut le pendre haut et court pour faire un truc du style « La fille qui avait plusieurs vies et qui meurt (peut-être) à la fin » Je m’adapterai.

  1. 2.       D’où vous vient l’idée principale ?

Depuis que je suis toute gosse, et un peu comme tout le monde, j’imagine, je me pose la question « et si j’étais lui ? / elle ? ». J’invente qu’au lieu d’être assise dans le bus, je suis la personne qui lit le journal sur le banc de l’autre côté de la rue, ou celle qui traverse le passage piéton … Imaginons une seconde que réellement, j’aie traversé la vitre embuée pour expérimenter cette silhouette voûtée qui boitille sous la pluie ?

  1. 3.       A quel genre appartient-il ?

A priori au genre Fantastique. Mais un fantastique réaliste, ancré dans quelque chose de quotidien, qui bascule pour le personnage principal et lui seul, lentement, dangereusement.

  1. 4.       Si votre texte était adapté au cinéma, quels acteurs verriez-vous  dans les rôles principaux ?

Dur ! Dur ! Sur mon précédent livre (à paraître, titre à réinventer, initialement baptisé Autobiodégradable) c’était l’évidence. A la réalisation, Edgard Wright, et des acteurs dans la mouvance de Simon Pegg et Nick Frost. Mais pour Incarnation… c’est un livre-pas-drôle de facture classique. Il faudrait donc une actrice sérieuse un peu inquiétante qui ait entre 20 et 25 ans ! (large palette de possibilités) et un réalisateur qui sache rythmer le côté « noir » à l’américaine. Pascal Laugier ? (Mais M. Laugier est un dieu du montage à suspens, je crains de ne pas avoir encore un tel niveau de maîtrise dans la composition !)

  1. 5.       Quel est le synopsis du texte en une phrase ?

Juliette est une enfant victime des railleries et de l’isolement, jusqu’au jour où, acculée, elle découvre qu’elle est capable de prendre possession du corps des autres.  (GODFERDÖM ! UNE PHRASE C’EST COURT !)

  1. 6.       Allez-vous être publié par un éditeur ou en auto édition ?

L’auteur rêve toujours de trouver un éditeur évidemment ! Personnellement, mon éditeur de cœur est Numeriklivres. Je suis coatchée par l’équipe de choc : Anita Berchenko et mon mentor, le Demi-Dieu Jean François Gayrard. ;)  Jusqu’à aujourd’hui, ils ont accepté tous mes textes. Celui-ci est plus particulier, je fais l’essai d’une autre écriture (encore) je fais le pari de lâcher la technique, en découvrant au fil de mon travail où cela me mène. Je leur fais entièrement confiance, ils seront les juges, au final. S’ils déclinent la publication, je n’envisage pas de partir sur de l’auto édition. C’est un travail différent pour lequel je n’ai aucune motivation. En plus, si l’éditeur conclut que c’est mauvais, je ne verrai à priori pas le sens d’insister en remuant les bras dans tous les sens. J’écrirai plutôt le prochain bon texte en tirant les leçons!

  1. 7.       Combien de temps avez-vous mis pour produire votre premier jet ?

Il est très loin d’être achevé ! Suivant la méthode choisie, je suis très rapide à écrire. En fait… je suis toujours très rapide pour écrire. En théorie si j’avais la possibilité d’être écrivain à temps plein, en l’espace de deux  ou trois mois, j’aurais le livre achevé. Pour l'instant je suis en incapacité totale, et incapable d'écrire. Mais le premier jet n’est pas la principale partie du travail. La relecture, la correction, le déplacement des blocs, le polissage de la structure l’élimination du mauvais me prend deux fois plus de temps.

  1. 8.       A quel autre livre pouvez-vous le comparer ?

Comparer, c’est mauvais ! Je cherche quelque chose que l’on ne compare pas ! Pourtant, sur celui-ci je cherche le rythme et la fluidité qu’on peut trouver chez des auteurs américains comme S. King. J’ai été pliée à la « littérature Française universitaire » qui est à l’opposé. Gagner ce naturel pour délaisser les phrases complexes et le vocabulaire soutenu est un petit défi personnel.

J’avais pensé à Carrie de King au départ, mais je l’ai lu. Finalement, le mien n’a pas grand-chose à voir..

  1. 9.       Qui ou quoi a inspiré l’écriture de votre livre ?

Je reviens sans arrêt sur cette idée depuis toute petite. J’ai lu Henri Michaux, l’un de mes dieux poétiques, quand j’avais 19  ans, et le premier paragraphe est né :

« Qui es-tu ?

Parfois, quand je regarde une orange, subitement, je suis cette orange.

Je me transforme en quartiers, en pulpe, en chair grumeleuse, et lorsque qu’on arrache la peau avec les dents, c’est moi qui suis à vif, qui expose mes entrailles juteuses dans un craquement sanglant.

Depuis toute petite, si je le désire, je me pose sur l’assiette en faïence impassible, prête à être écorchée vive. »

(Evidemment, comme je ne suis pas Marc Levy, je vais éviter les incarnations à base de bisounours et d’arcs-en-ciel)

  1. 10.   Que pourriez-vous dire pour piquer l’intérêt de votre public ?

Qu’arriverait-il si vous pouviez toucher du doigt la réalité de l’autre ? Expérimenter l’autre corps, l’autre esprit ? Pensez-vous que vous trouveriez le bonheur ? Où iriez-vous le chercher ? Pourriez-vous revenir en arrière ? Qu’adviendrait-il de votre corps, de votre esprit ?