Incroyable illustration aujourd'hui de ce que signifie le mot "revalorisation" de l'enseignement.

En France, on avait brillament mis au point le "travailler plus pour gagner plus" qui déjà, étant donné l'état d'épuisement de la plupart des cadres généraux, managers, et autres métiers du privé, le caractère exangue des fonctionnaires du public, professions médicales et sociales avait suscité quelque émoi dans la population locale.

Hé bien voici qu'aujourd'hui en Belgique, on invente la revalorisation par l'équation : "travailler plus plus longtemps pour gagner pareil".

Evidemment, la belgique entière fait la Hola de bonheur face à cette tentative tout à fait politiquement incorrecte de faire???... des économies!

Outre le caractère surréaliste de la chose, elle relève encore du quasi surnaturel! Hé oui, qu'on se rende compte qu'un enseignant Belge aussi protégé soit-il preste entre 22 et 24H sur le terrain, ajoutez la préparation la correction, les réunions exceptionelles qui n'en finissent pas, et la surcharge de bénévolat qui s'accroît d'année en années pour se "faire bien voir" par la direction, et plus trivialement garder son boulot....c'est simple, un prof Français qui fait entre 18H  et 20H sur le terrain bosse en réalité 45H. Faites le calcul . 55h. Humblement. Et donc, si déjà les profs du pays relèvent la gageure de parler parfois face aux classes plus de 6 ou 7H consécutives, cas fréquent, au moins une fois par semaine, ce qui est déjà quasi impossible, jusqu'où devront-ils aller demain???

Qu'on ne nous leurre pas avec des arguments du type "oui, mais ce ne sera pas des heures face aux élèves"... on sait très bien que si. Parce que c'est là que l'argent se gagne.

Par ailleurs, avant hier, la même ministre s'engageait à revaloriser le métier. Incroyable. Ne cherchez pas la contradiction,peut-être n'y en a-t-il pas??? Après tout, imposer 5 années universitaires pour cadrer avec les exigences européenes en matière d'éducation et combler le retard, ne signifie pas "traiter mieux ses profs" mais "s'aligner sur l'europe." Cela ne veut pas dire non plus respecter les profs en place qui eux n'ont pas bénéficié de la revalorisation du cursus. Pour quoi faire? Après tout qu'ils fassent tampon les pauvres, il faut bien que quelqu'un paie!

On sait que dans les caisses il n'y aplus un sou. Mais par pitié, une telle décision aurait l'effet inverse de celle souhaitée : pas d'économie. Le coup de couteau définitif au corps professoral livide. Irrécupérable.

Réfléchissons! Je n'ai pas le détail des postes budgétaires alloués à l'éducation. A quand une mise à plat publique de ces chapitres là?

Une autre idée : Madame la ministre vient de mettre le feu aux poudres. Son travail n'est pas  facile. Elle reprend la gestion d'un secteur sinistré depuis des années. Mais en l'espace de dix minutes, elle vient de créer une opposition plus forte que jamais qui (pour une fois!) ralliera tout le monde à la cause des syndicats. En prime elle alimente le vieux mythe du prof en vacances qui ne bosse que si peu d'heures par semaine...

Et pourquoi au contraire n'envisagerions nous pas plutôt de l'aider? De lui souffler les bonnes idées et de la soutenir dans ses démarches si cela semble impossible au départ? Le corps enseignant soutenant un ministre de l'enseignement dans un échange constructif... n'irions nous pas plus loin ensemble que si nous entrons en guerre?