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Juliette n'a plus d'école

(25/06/2009)

© Vanzeveren

La fillette de douze ans ne sait pas où elle sera scolarisée à la rentrée

SAINT-GILLES Juliette ira chercher son bulletin scolaire, mardi. Mais pas vraiment de gaieté de cœur. Non pas qu'elle ait mal travaillé, que du contraire. Plutôt parce que cela signifiera, pour elle, l'ouverture d'un grand vide.

C'est que Juliette, du haut de ses douze ans, termine ses études primaires. Mais, à la différence de ses copines, elle ne sait toujours pas où elle pourra aller à l'école, en septembre prochain.

"Sa sœur Valentine est dans le même cas, mais on a eu plus de chance avec son tirage au sort", explique Carine, leur maman. "On avait même eu deux places pour elle, et on a choisi Uccle 1, dans le même quartier que son école primaire. Pour Juliette, par contre, toujours rien. Nous sommes sur des listes d'attente dans sept écoles différentes... Depuis, je passe mon temps à appeler les préfets. Ils sont désolés, mais me répondent qu'ils ne peuvent rien faire, que c'est la faute au décret mixité..."

Juliette, 

elle, le vit plutôt mal. "Elle est assez angoissée et dort mal la nuit", explique sa maman. "Elle en parle tout le temps, et finit par croire qu'on lui raconte n'importe quoi. Et puis non seulement elle n'a toujours pas d'école, mais en plus elle risque fort d'être séparée de sa sœur, et ça non plus ce ne sera pas simple..." Les parents s' apprêtent d'ailleurs à vivre un vrai casse-tête. "Jusqu'à présent, nos trois filles étaient dans le même établissement. Désormais, avec la petite de neuf ans qui y reste, il va nous falloir faire les navettes depuis notre domicile de Saint-Gilles entre trois endroits différents !..." 

"Pour le matin, ce n'est pas trop grave, on se lèvera plus tôt. Mais le soir, pour aller les rechercher ou jongler avec leurs activités extrascolaires, ça va être infernal ! Sans compter l'insécurité que ça nous procure : avoir nos deux plus grandes filles dans la même école, c'était tout de même beaucoup plus rassurant, avec tout ce qu'on entend..."

Mais le plus dur

à avaler, pour les parents de Valentine et Juliette, c'est l'impression d'être seuls face à leur sort. "Le directeur de l'administration me dit qu'il ne peut rien faire. Et quand j'appelle au cabinet du ministre Dupont, je n'ai pas toujours affaire qu'à des gens bien élevés ! On me promet chaque fois qu'on va me rappeler, mais j'attends toujours une solution..."

Merci de vous réveiller!!!