Petite clé édifiante. Ce que nous vivons contrairement à ce que je lis souvent... n'est pas uniquement le fait de (au choix) "la dégradation du suivi parental" "la dégradation des élèves" "la dégradation de l'ensemble des acteurs de la société"...

Il se trouve qu'en filigrane, nous avons, de manière évidente, une ligne politique tout à fait claire pour mener notre barque collective à sa perte.

Lisez bien ce qui suit :

" Si l'on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d'élèves ou d 'étudiants. Les familles réagiront violemment à un refus d'inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l'enseignement et l'école peut progressivement et ponctuellement obtenir une contribution des familles, ou supprimer telle activité. Cela se fait au coup par coup, dans une école mais non dans l'établissement voisin, de telle sorte que l'on évite un mécontentement général de la population. " (Christian Morrisson, "La faisabilité politique de l'ajustement", Centre de développement de l'OCDE, Cahiers de politique économique n°13, OCDE, 1996) (cité in Nico Hirtt, L'école prostituée, Labor/Espace de Libertés, 2001, p. 66)


Incroyable non?

Ou comment diviser pour mieux régner....

Je ne pense pas que la société se soit dégradée à ce point là.

En revanche mener la société à une déscolarisation massive pour la rendre moins cultivée, diminuer son esprit critique, la rendre malléable, cela a été PRÉVU, et ORGANISE.

Rapidement après lecture de ce petit passage...chacun devrait se rendre compte que dans le fond, ni parents démissionnaires, ni enfants, ni profs ne sont sur le fond inculpables de la totalité des maux. La dévalorisation massive de l'enseignement public a été fabriquée de toutes pièces et ajusté suffisamment subtilement pour que la population laisse faire. C'est la magnifique analyse de la faisabilité, ni plus ni moins qu'une "politique de l'ajustement"...

Attention, nous ne le dirons jamais assez à la libéralisation de l'enseignement et aux pleins pouvoirs aux directeurs, préfets et autres dirigeants. Isolons les problèmes pour qu'aucune vision d'ensemble ne se dégage. CQFD.

Charlotte Charpot